La chimiste grano sera à l'émission L'Épicerie du 7 novembre 2012 dans le cadre du reportage sur les détachants.

dimanche 13 janvier 2013

Les nettoyants désinfectants pour la salle de bain

Petit tour des nettoyants désinfectants pour la salle de bain. Malheureusement, l'obtention d'information sur les ingrédients ces produits s'est révélée plus difficile que pour les autres. Une démystification des appellations utilisées serait aussi utile, et c'est à cela que je vais m'attarder ici.

Un désinfectant doit réduire significativement la quantité de bactéries présentes. Antibactérien et antimicrobien, cependant, ne signifie franchement pas grand chose. À en juger les lignes directrices sur la publicité pour les cosmétiques émises par Santé Canada, ces deux termes peuvent être utilisés pour n'importe quel nettoyant. C'est donc dire qu'un nettoyant antibactérien ne contient pas nécessairement d'ingrédient servant  spécifiquement à inhiber la croissance de micro-organismes.

Si on compare quelques options, Attitude utilise le thymol, qui est reconnu au Canada comme ingrédient pour la désinfection des surfaces. Évidemment, il faut aimer l'odeur du thym.

Method ne semble pas produire de nettoyant désinfectants, outre des lingettes, aussi au thymol. Certains de leurs produits antibactériens nomment l'acide citrique comme ingrédient actif. La plupart des acides ont une activités antibactériennes, c'est vrai, que l'on pense par exemple au vinaigre utilisé pour préserver la nourriture. Cependant, les concentrations requises et les temps d'exposition de la surface à l'ingrédient pour une bonne désinfection font en sorte que je pense que ce genre de produit, dans la plupart des cas, sert plus à réconforter le consommateur qu'à réellement débarrasser les surfaces de micro-organismes. Remarquez, je crois aussi que l'obsession de la désinfection est malsaine. Ceci étant dit, l'acide citrique sera très utile pour les traces d'eau dure dans la salle de bain.

Les produits traditionnels utilisent généralement l'eau de javel ou des ammoniums quaternaires, que j'ai déjà discutés. Un nettoyant à l'eau de javel sera généralement basique : c'est un peu moins intéressant pour les types de souillures typique de la salle de bain.




mercredi 9 janvier 2013

Nom des surfactants et autres ingrédients : pourquoi est-ce compliqué?

La nomenclature des substances chimiques est assez complexe. Plus une molécule contient d'atomes, plus son nom risque d'être long. Par exemple, le simple CO se nomme monoxyde de carbone. Deux atomes, 17 lettres. Ici, par exemple, ou pourrait aussi dire simplement oxyde de carbone, mais comme plusieurs oxydes de carbones existent (CO, CO2), on voudra généralement préciser exactement de quoi on parle.

Dès lors, il peut sembler miraculeux que l'on puisse nommer de longues molécules comme les surfactants et les faire tenir sur une étiquette. C'est parce que cela utilise une nomenclature qui n'est pas la nomenclature chimique standard, mais des noms standardisés (INCI, par exemple)  ou nom (il n'est pas obligatoire pour les produits non-cosmétiques d'utiliser les noms INCI) basés sur la provenance des ingrédients. Par exemple, un nom comme cocamidopropyle bétaïne est un surfactant dont la partie hydrophobe est tirée des huiles de la noix de coco : c'est un mélange de différents acides gras, dans des ratio relativement stables, mais qui peuvent varier légèrement. Tenter de nommer ce genre de mélange en nomenclature systématique sera ardu, et, en fin de compte, ne donnerait pas significativement plus d'informations.

vendredi 4 janvier 2013

Compagnie à connaître : Tesla Motors

Source : www.teslamotors.com
Quand on s'intéresse aux technologies vertes, aux possibles changements de paradigmes énergétiques, il est difficile de ne pas remarquer Tesla Motors. Une compagnie d'automobile 100% électrique, fondée par celui qui a fondé Paypal. Des autos électriques performantes et racées, dont le développement aurait été en partie responsable de la décision de GM de développer et commercialiser la Volt, qui se veut une automobile électrique plus grand public, avec son moteur d'appoint à essence pour en étendre l'autonomie. Tesla Motors n'utilise aussi pas la même technique pour vendre : pas de concessionnaire. Je ne saurais dire si c'est bien ou pas, mais tout au moins, ils essaient de changer un modèle qui date clairement d'une autre époque.

Ces autos sont assez chères. Même avec les incitatifs gouvernementaux, c'est pour le moment loin d'être compétitif. Mais bon, Tesla Motors est une compagnie à surveiller, entre autre avec son projet de bornes de recharge rapide qui irait en théorie jusqu'au Canada, en partant de la Californie, avec des chargeurs à énergie solaire. Quoiqu'on en dise, ils ne font pas les choses à moitié.

Reste à voir si la compagnie demeurera financièrement viable et surmontera ses problèmes de production (longue liste d'attente, entre autre.)

jeudi 3 janvier 2013

Arme secrète : Nettoyage de la vitrocéramique

Une foule de solutions sont offertes sur le marché pour le nettoyage de la vitrocéramique. Nettoyant en crème (spécialisé ou non), tampons spéciaux, lames et que sais-je encore. Toutes ces solutions sont généralement efficaces, mais si vous vous servez de votre plaque souvent (et bon, moi je sais que je cuisine en moyenne au moins un plat sur les éléments), certaines peuvent être assez coûteuse. Les tampons spécialisés, entre autre, perdent rapidement une grande part de leur efficacité (du moins, ceux d'une grande marque que j'avais essayé).
Ma solution nécessite à peu près autant d'huile de coude que les autres, car aucun des nettoyants que j'ai essayé n'est magique (du genre que l'on vaporise puis essuie pour un nettoyage impeccable). Donc, il faut frotter, mais ça va bien. Je prends tout simplement ces petits tampons de plastique vert (Dollarama) et du bicarbonate de soude (il y en a dans toutes les épiceries). Le tampon peut être humide, mais pas saturé d'eau (ça diminue l'efficacité du frottage).

Saupoudrer le bicarbonate de soude inégalement
Je répands généreusement du bicarbonate sur les parties sales de la plaque (pas nécessaire de couvrir, mais de petits mottons seront utiles ), je forme une bonne petite couche de bicarbonate sur le dessous du tampon, et je frotte . C'est généralement assez rapide pour la plupart des dégâts habituels. Il faut ensuite prendre un linge bien mouillé et rincer la surface pour éliminer l'excès de bicarbonate.
Frotter avec un motton de pâte humide
 Ce petit truc ne vous rendra pas plus populaire et ne changera pas votre vie. Tester sur un coin de la plaque avant de l'utiliser pour de grande surface, au cas où votre plaque serait plus fragile ou sensible que la mienne. Le bicarbonate est un produit chimique qui n'est pas très dur pour la peau ni dommageable pour l'environnement dans des conditions d'utilisations normales.

mercredi 2 janvier 2013

Si le nom est compliqué, ça doit être nocif...

Entendu à la radio l'an dernier. Les étiquettes de cosmétiques et nettoyants regorgent de mots tous plus longs les uns et les autres. Et comme certains ne les comprennent pas (probablement ne connaissent-ils pas ce blog), cela fait peur.

Utiliser le nom d'un produit pour en déterminer la nocivité est évidemment ridicule. Certains des noms très complexes que l'on retrouve dans les cosmétiques (butyrospermum parkii, par exemple) ne sont que les noms latins standardisés d'extraits naturels (ici, le beurre de karité). Pourquoi ces noms standards? Les cosmétiques utilisent généralement les noms INCI (nomenclature internationale des ingrédients cosmétiques) des ingrédients. Comme la plupart des ingrédients pourraient être nommés de différentes façons (laurylsulfate de sodium ou dodécylsulfate de sodium, par exemple) cela permet de plus facilement s'y retrouver que chaque manufacturier avait le loisir de choisir le nom qu'il préfère pour chaque ingrédient. Et cela évite de devoir traduire de façon souvent imparfaite les noms complexes des ingrédients ou extraits.

mardi 1 janvier 2013

Nettoyant sans produit chimique?

J'entends ça fréquemment, quand des gens font la promotion de produits cosmétiques ''naturels'' ou faits à la main (savon artisanaux, par exemple).

Dans cette situation, les gens utilisent le mot produit chimique pour dire : produit dangereux. C'est selon moi une grossière approximation. Tous les produits ou à peu près peuvent être dangereux  C'est sûr, les cosmétiques bas de gamme (ou même haute) disponibles dans les commerces de détails sont souvent plein d'ingrédients douteux, dont la carcinogénicité est suspectée, mais pas prouvée, ou alors de surfactants irritants qui font une belle mousse.

Mais bon, dire que le produit de la saponification d'une huile naturelle n'est pas un produit chimique, parce qu'on le considère comme moins nocif, c'est une simplification qui n'est pas très édifiante. Si une telle réaction n'est pas de la chimie, je ne sais pas ce que c'est...


vendredi 9 novembre 2012

Les détachants - Partie 2 - Les taches

Comme suite de mon article sur les produits détachants, voici quelques informations sur les taches. Ceci peut vous aider à éviter de devoir utiliser trop de produits à détacher en les traitant chacune comme il se doit. Les reportages télés, c'est bien, mais il est souvent difficile d'y mettre toute l'information.

Pour bien utiliser les détachants, il faut connaître les taches.

On distingue plusieurs types de taches :

 Les taches de protéines :

  • Nourriture pour bébé
  • Lait et produits laitiers
  • Sang
  • Oeuf
  • Gélatine
  • Gazon
Ces taches adhèrent aux fibres : il faut absolument éviter l'eau chaude, ou pire, la sécheuse, qui fera cuire ces taches, causant une dénaturation des protéines qui les rendra plus difficiles à enlever. Toujours les traiter fraîches et vérifier que la tache est partie avant le séchage.

Les taches de gras
  • Huile de tout genre, naturelle ou synthétique
  • Gras, lard
  • Cernes de cols ou de poignets
  • Mayonnaise
  • Lotion et crème
La plupart des produits, que ce soit un prétraitement avec le nettoyant à lessive ou un détachant devrait prévenir ces taches. Si possible, laver à l'eau chaude, beaucoup plus efficace contre ces taches.

Les taches d'encre et de teinture
  • Petits fruits très colorés (framboise, cerise, mûre, bleuet)
  • Moutarde (en raison probablement du curcuma)
  • Le gazon a aussi une composante de couleur
  • Colorants (incluant les colorants alimentaires et les aliments qui en contiennent beaucoup, comme les jus en poudre ou certains glaçages de gateaux)
  • Les encres et marqueurs
Prétraiter, car un simple lavage n'en viendra probablement pas à bout. Les produits dont l'efficacité repose principalement sur les enzymes n'auront pas d'avantages ici. Ce sont les solvants qui feront le gros du travail. Les produits à base de peroxyde peuvent être efficaces, mais toujours valider si le tissu peut subir ce genre de traitement. Au minimum, prétraiter avec le détergent avant le lavage.

Les taches de tannins
  • Vin
  • Bière
  • Petits fruits (canneberges, framboise, fraise)
  • Café et thé
  • Jus de fruits
  • Tomate
Ne pas frotter avec du savon solide, cela pourrait réagir avec les tannins et les rendre plus difficiles à enlever. Normalement, un prétraitement et un lavage à l'eau chaude devrait régler le problème.

Les taches d'amidon
  • Patates
  • Pâtes alimentaires
  • Crème (style crème anglaise)
  • Sauce
  • Chocolat
On traite largement comme les taches de protéines.

Plusieurs taches combinent plus d'un type de composantes à problème, comme le gazon, certains fruits, ou plusieurs aliments (crème glacée à la fraise très colorée : gras+protéine+colorant, par exemple). On essaie donc le traitement qui ne peut pas causer de problème. Soyez prudent avec les produits, et lisez les étiquettes, autant celles des vêtements, que celles à l'arrière des produits.